Apologia pro casuistis

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Interpretationes vernaculae

Apologia pro casuistis[1] liber francogallicè conscriptus sub titulo Apologie pour les casuistes contre les calomnies des jansénistes (Apologia pro casuistis adversus calumnias Iansenistarum), opus est theologiae moralis quod a "theologo professoreque quodam iuris canonici" cuius nomen non liquet in lucem prodiit mense decembri anno 1657 Lutetiae Parisiorum e praelis Caspari Meturas. Statim creditus est Georgio Pirot, Iesuitae[2] (1599-6 oct. 1659), qui paulò post tristitiâ correptus, ut aiunt, vitâ functus est.

De opere eiusque auctoritate[recensere | fontem recensere]

Liber, mediocris mensurae (191 paginas in quarto plicatas habet, quibus folium erratorum additur), in quinquaginta quatuor "obiectiones" dividitur[3]. Georgius Pirot, professor theologiae in Collegio Clarimontano "Litteris Provincialibus" Blasii Paschalis, haud obscuris, respondere conatur. Adversus asseclas Portus Regii fautoresque Iansenismi varias accusationes satis suetas trivialesque[4] iterat. Auctor etiam nonnulla interpretamenta a Blasio Paschali in Litteris Provincialibus de sententiis moralibus casuistarum prolata refutat atque in Iansenistas ipsos accusationes laxismi retorquet[5]. Nihilominus, quod huic operi peculiare esse videtur, nullo modo alias accusationes refellit quas iustas esse autumat, praecipuè de absolutione, de fenore, de homicidio. Georgius Pirot theologiam minimè rigidam sed vivacem et mutabilem secundùm condiciones vitarum proponit, quasi legum structuram[6].

Cum Apologia pro casuistis apparuit, favente Societate Iesus, multi clamores et clangores orti sunt[7], liber commovit plurimùm cleros et non tantùm quos Iansenistis favebant[8] famamque ingentem habuit[9], cum ubique pessimè receptus est[10]. Curiones urbis Lutetiae vires iungunt ut opus, sine ullo privilegio vel approbatione editum, condemnetur. Iesuitae in dubio sunt an liber sit defendendus necne. Liber tandem anno 1659 a Papâ in indice librorum prohibitorum ponitur[11]. Curiones Parisienses[12], infestè et hostiliter adversus Iesuitas agentes[13], conviciis tam saevis quam quae in Litteris Provincialibus inveniri queunt utentes[14], ad finem optatum pervenerunt cum tandem liber condemnaretur. Attamen, propter hanc minimè tranquillam altercationem factum est anno 1659 ut in perpetuum "Synodi curionum Parisiensium" interdicerentur[15].

Verisimiliter, Apologia pro casuistis id effecit ut anno 1679 a Curia Romana laxismus condemnatus esset, denuntiantibus postulantibusque theologis Universitatis studii Lovaniensis[16], in quâ cunas suas doctrina Iansenistica habebat. Usque ad suppressionem anno 1797 Universitas studii Lovaniensis centrum et castrum[17] fuit theologiae Augustinianae[18], vel Iansenisticae ut aiunt, quam usque apud eam promoverunt theologi et canonistae ut Petrus Stockmans, Johannes van Neercassel, Iudocus Le Plat et famosus ille Van Espen eiusque discipulus Febronius, atque cuius Baius et Iansenius rectores fuerunt. Lovanii Iansenismus praepolebat[19]. Verisimiliter etiam, propter hanc condemnationem "Coetus Cleri Regni Franciae" anno 1700 ad maiorem severitatem moralem favendam inclinavit[20].

Notae[recensere | fontem recensere]

  1. Carolus Du Plessis d'Argentré, Collectio judiciorum de novis erroribus, volumen III, Lutetiae Parisiorum, 1736, p. 80 : "Apologia pro casuistis".
  2. PP. Augustin et Aloïs De Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, Leodii, 1861, vol. VII, p. 321.
  3. Olivier Jouslin, "Rien ne nous plait que le combat". La campagne des Provinciales de Pascal. Étude d'un dialogue polémique, Clermond-Ferrand : Presses universitaires Blaise Pascal, 2007, p. 677.
  4. Olivier Jouslin, op. cit., p. 680-682.
  5. Olivier Jouslin, op. cit, p. 680 : "En revanche, l'assimilation des jansénistes à des sectes affichant une grande rigueur mais au mode de vie en réalité extrêmement relâché se révèle plus original. C'est une façon de retourner contre Port-Royal ses propres allégations et de faire passer celle de laxisme du côté de l'adversaire. Les jansénistes sont ainsi non seulement comparés aux vaudois mais encore aux turlupins. (....) L'auteur menace même ses ennemis de révéler certains comportements répréhensibles du point de vue de la morale".
  6. Olivier Jouslin, op. cit., p. 692
  7. PP. Augustin et Aloïs De Backer, op. cit., vol. VII, p. 322 : "Cette apologie fit beaucoup de bruit : elle fut condamnée par Alexandre VII".
  8. Sainte-Beuve, Port-Royal, tome troisième, livre troisième, Lutetiae Parisiorum: Laffont, "collection Bouquins", 2004, vol. I, p. 659 : "Pascal, se mettant à la place des curés, n'a nullement grossi l'affaire en disant que toute l'Église de France était d'un côté, et l'Apologie des Casuistes de l'autre. On ne saurait aujourd'hui se faire idée de l'émoi du monde ecclésiastique à ce propos ; les mandements des évêques pleuvaient de toutes parts pour flétrir ces maximes relâchées qu'un imprudent et un brouillon venait d'essayer de défendre ; et ce n'était pas seulement des évêques favorables aux jansénistes que partaient les anathèmes, c'était de tous ceux qui avaient à cœur la régularité".
  9. Olivier Jouslin, op. cit., p. 678 : "Cette parution eut un immense retentissement, peut-être bien plus important qu'on ne l'avait supposé. Il se pose avant tout comme une réponse franco-française et ponctuelle aux accusations des Provinciales et entend défendre les casuistes qu'il juge attaqués de façon malhonnête".
  10. Blaise Pascal, Les Provinciales, Paris : Bordas, praefatio Louis Cognet, Lutetiae, 1992, pp.
  11. Hyacinthe Robillard d'Avrigny, Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servir à l'histoire ecclésiastique depuis 1600 jusqu'en 1716, avec des réflexions et des remarques critiques, revus par Jacques-Philippe Lallemand, s.l., 1739. Voir à l'année 1659, tome II. Locus ab Olivier Jouslin citatus, p. 678 note 2652, qui locum faventem Iesuitis indicat in quo Hyacinthus Robillard d'Avrigny quamvis timide Iesuitas defendere videtur (tome II, p. 380) : "Ainsi le triomphe de ceux qui l'avoient déferé fut complet, et la joye de Messieurs de Port-Royal entiere. Mais qu'auroient-ils dit si les Jesuites avoient soûtenu que l'Apologiste n'avoit rien avancé que de vrai, qu'on avoit mal pris ses décisions, que c'étoit un fait sur lequel il n'appartenoit ni au Pape ni aux Prélats de prononcer, parce que l'Eglise entiere peut se tromper dans la discussion des faits et l'intelligence des textes? Je crois que Port-Royal ne se seroit pas pressé de réfuter cette replique qui ne souffre point de réponse dans ses principes".
  12. Jacques Chevalier, "La suite des Provinciales", in : Pascal, Œuvres complètes, edidit et commentavit Iacobus Chevalier, Lutetiae : Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 1987, p. 905 : "Les curés décidèrent aussitôt de poursuivre la condamnation de cette Apologie, et de faire rédiger à cet effet un factum destiné aux juges ecclésiastiques et aux membres du Parlement".
  13. Mémoires du P. René Rapin de la Compagnie de Jésus sur l'Église et la Société, la cour, la ville et le jansénisme, 1644-1669, publiés pour la première fois d'après le manuscrit autographe par Léon Aubineau, tomus tertius, Lutetiae, 1865, p. 16 : "Mais tout le poids de la persécution contre les jésuites, qu'on faisoit responsables de ce livre [l'Apologie...], vint principalement des curés de Paris, tous presque favorables aux jansénistes".
  14. Louis Lafuma, "Les écrits des curés de Paris", in : Pascal, Œuvres complètes, cum praefatione Henri Gouhier, cum annotationibis Ludovici Lafuma, Lutetiae, 1963, p. 471 : "La campagne menée par les Ecrits contre les casuistes (et les Jésuites) fut aussi violente que celle des Provinciales."
  15. Louis Lafuma, op. cit., p. 471 : "En somme, les Ecrits ont atteint le but qu'ils s'étaient fixé, mais ils provoquèrent l'interdiction (en 1659) des Assemblées des Curés de Paris".
  16. Bernard Sesboüé et Christoph Theobald, La parole du Salut, Tournai : Desclée, 1996, p. 209 : "en 1679 le pape Innocent XI condamne comme laxistes 65 propositions que les théologiens de Louvain avaient dénoncées à Rome contre leurs adversaires probabilistes (franciscains et jésuites)".
  17. Dictionnaire historique de la Papauté sous la direction de Philippe Levillain, éd. Fayard, 1994, sub verbo "Innocent XII Pignatelli 1691-1700" : "Bien que la théologie et l’éthique jansénistes dans leurs postulats théoriques et pratiques aient été largement rejetées par le Saint-Siège, elles sont encore bien loin de disparaître de la vie de l’Église à la fin du XVIIe siècle. À l’époque d’Innocent XII, quelques groupuscules plus combatifs ont quitté la France et se sont transférés en Belgique et en Hollande, d’où ils redoublent d’activité, souvent en conflit avec les directives de Rome. L’université de Louvain est leur forteresse".
  18. Histoire genérale du Jansénisme, tome III, Amsterdam chez J. Louis de Lorme, 1700, pp. 343-344 : "Il faut avoüer , quoy qu'à nôtre confusion, que nous sommes nous et toute l’Eglise, entierement redevable aux Theologiens de Louvain, de ce que les ouvrages de N: P. Saint Augustin ne demeurent pas ensevelis sous la poussiere, et jettez dans les coins des bibliotheques. Puisque ce sont eux qui ont toujours défendu avec un très-grand zele sa doctrine contre ses ennemis et ses calomniateurs. Ce sont eux qui ont corrigé toutes ses œuvres avec un travail immense et un grand amour pour la Religion, les ayant collationnées avec plus de deux cens exemplaires, et nous en ayant enlevé la gloire et la recompense. Et l'on doit rendre graces à Dieu de ce que cette revûe et cette correction s'est faite , avant que la Societé , et nommément Jean Martinez de Ripalda se mêlât de la faire. Car Saint Augustin seroit sorti de ses mains estropié et mal traité : comme nous verrons plus bas"
  19. Henri Francotte, professor in Universitate Leodiensi, La Propagande des encyclopédistes français au pays de Liège (1750-1790), Bruxellis : Hayez, 1880, p. 28 : "le jansénisme régnait en maître à l'université de Louvain". Michel Nuttinck, La vie et l’oeuvre de Zeger-Bernard Van Espen. Un canoniste janséniste, gallican et régalien à l’Université de Louvain (1646-1728), Lovanii : Presses universitaires, 1969.
  20. Olivier Jouslin, op. cit., p. 678 : "On s'accorde en effet souvent à considérer que l' Apologie pour les casuistes décida de la condamnation romaine du laxisme de 1679 et du virage rigoriste de l'Assemblée du clergé présidée par Bossuet en 1700".

Fons lemmatis[recensere | fontem recensere]